2. Les variables essentielles pour le calcul viager et la rente viagère
La valeur vénale du bien
Le point de départ est toujours l’estimation de la valeur vénale (ou valeur de marché) du bien à l’instant T. Plusieurs méthodes sont possibles :
- Estimation par un agent immobilier ou un expert viager.
- Analyse comparative de biens similaires vendus récemment dans la zone géographique.
- Outils de simulation en ligne (à utiliser avec prudence).
L’espérance de vie du crédirentier
Le paramètre majeur en viager est l’espérance de vie du vendeur, car la rente sera payée “à vie”. Pour l’estimer, on s’appuie sur :
- Des barèmes spécialisés (Barème Daubry, barème notarial).
- Les tables de mortalité utilisées par les compagnies d’assurance, telles que TGH5, THF5, qui sont régulièrement mises à jour.
Le droit d’occupation (DUH) en viager occupé
Lorsque le vendeur continue d’occuper le bien (viager occupé), une décote s’applique à la valeur vénale du logement. On parle alors de valeur occupée, déterminée par la formule :
Ce taux d’occupation dépend de l’âge du crédirentier et de la valeur locative potentielle du bien. Plus la durée d’occupation probable est longue, plus la décote est importante.
Le bouquet
Le bouquet est facultatif, mais très courant. Il représente une partie de la valeur occupée versée immédiatement au vendeur.
Généralement compris entre 10 % et 40 % de la valeur occupée, il peut être modulé selon :
- Les besoins de liquidité du crédirentier.
- La capacité financière de l’acheteur.
- La volonté de réduire (ou d’augmenter) le montant de la rente ultérieure.
3. Méthode de calcul du viager : étape par étape
Même si chaque viager est unique, on retrouve un schéma commun en trois grandes étapes :
- Estimer la valeur vénale du bien.
- Appliquer l’abattement (si viager occupé) pour obtenir la valeur occupée.
- Répartir cette valeur entre le bouquet et le capital pour la rente, puis déterminer la rente en fonction de l’espérance de vie du crédirentier.
Exemple pratique (simplifié)
- Valeur vénale du bien : 200 000 €
- Viager occupé avec un taux d’occupation de 50 %
- Crédirentier âgée de 75 ans, espérance de vie théorique : 16 ans
- Bouquet : 20 % de la valeur occupée
Étape 1 : Calcul de la valeur occupée
Valeur occupée = 200 000 € x 50 % = 100 000 €
Étape 3 : Capital pour la rente
Étape 4 : Calcul de la rente annuelle brute
4. Quels barèmes utilisés pour le calcul viager ?
Il existe différents barèmes et outils de calculs pour le calcul du DUH et de la rente viagère. Le plus connu est le barème Daubry
Le barème Daubry
Le barème Daubry a été développé par Michel Daubry, professionnel reconnu du secteur immobilier spécialisé dans le viager. Ce barème s’appuie sur des tables de mortalité et sur une longue expérience de terrain pour déterminer la valeur occupée d’un bien.
Caractéristiques clés du Barème Daubry
- Il est régulièrement mis à jour pour tenir compte de l’évolution de l’espérance de vie.
- Il propose des coefficients ajustables en fonction de l’âge du vendeur (ou des vendeurs).
- Il est possible de faire le calcul pour les vendeurs quelques soient leur situation : homme seul , femme seule, couple.
Avantages du barème Daubry
- Adaptabilité : Possibilité d’affiner le calcul selon la situation spécifique du ou des vendeurs.
- Reconnaissance par les professionnels : De nombreux spécialistes du viager s’y réfèrent.
Autres tables de calculs
D’autre modes de calculs assez proche basé sur le valeur locative par exemple existent également et peuvent être utilisé par certains professionnels. Cela explique les écarts pouvant exister entre professionnels du viager.
Le cas de l’article 669 du CGI pour le viager
Ce mode de calcul est à proscrire pour la vente en viager , c’est un calcul fiscal et non économique.
En effet, il ne prend pas en compte le sexe du vendeur et le calcul est réalisé par tranche de 10 ans. Il est utilisé par les notaires pour les donations , les successions et les transmissions.
Il ne doit pas être utilisé pour le calcul d’un viager économique.


